RSF: Unfair trial and illegal imprisonment  

 

Iran: Reporters Without Borders

http://www.rsf.fr/

 

 

10.03.2004

 

Unfair trial and illegal imprisonment


Reporters Without Borders has condemned a one-year jail sentence against journalist Mohsen Sazgara as unfair and contrary to international legal norms. It also spoke out against the arbitrary imprisonment of three journalists since nine months.

Sazgara learned from his lawyer on 8 March that his appeal trial had been heard while he was abroad seeking urgent medical attention, the international press freedom organisation said.

"Yet again this is a completely illegal procedure," Sazgara told Reporters Without Borders. "The Iranian authorities gave me permission to leave the country and waited until I was no longer in
Iran to announce this so-called verdict in a trial held in the absence of both the lawyer and the person being sentenced."
"I intend to return to
Iran as soon as possible to respond to this farce," he added.

Sazgara was imprisoned on 15 June and then released on bail of six billion rials (about 580,000 euros) on
6 October 2003. A week before his release he had been charged with "undermining national security", "insulting the Guide of the Islamic Revolution" and  "making propaganda against the state" and sentenced to one year in prison. During his 110 days of imprisonment he twice went on hunger strike for 56 and then 23 days to protest against government repression.

He was one of the founders of the reformist press in
Iran and was publisher of the dailies Jameh, Neshat and Tous, now banned and the creator of the site: www.alliran.net  (shut down after his arrest). A courageous political analyst, he wrote, "the past five years have shown that the country's religious rulers are neither reformable nor effective". He also called the Guide of the Islamic Revolution, Ayatollah Khamenei "dictatorial", which earned him several stays in Iranian prisons.

On the eve of Sazgara's arrest, on 14 June 2003, three other journalists - Taghi Rahmani, of the weekly Omid-e-Zangan, Reza Alijani, editor in chief of the monthly Iran-e-Farda and winner of the Reporters Without Borders - Fondation de France 2001 press freedom award, and Hoda Saber, a manager of Iran-e-Farda were jailed for "holding secret meetings with students". Held for months in solitary confinement, deprived of visits from their lawyers and families, they passed the legal deadline for temporary detention on
6 December 2003.

Narges Mohammadi, the wife of Taghi Rahmani, has spoken about her distress at the situation that violates the most basic principles of law. "They are in prison illegally, without charge, without sentence and without trial," she told Reporters Without Borders. "When we try to get information about their cases, we get no reply and their lawyers do not even have access to their files."

The organisation also condemns ongoing harassment of the press, with the banning of the weekly Kalam-e Moalem accused of carrying news about a major teachers' strike, and of the weekly Vaght for "offending against good morals". The managing editor Shahram Mohammad Nia, was given a six-month suspended sentence.

With 11 journalists behind bars, Iran is the Middle East's biggest prison for journalists.


 

Iran

 

 

10.03.2004

 

Procès injuste et détentions illégales


Reporters sans frontière dénonce le caractère illégal et contraire aux normes juridiques internationales de la condamnation en appel du journaliste Mohsen Sazgara à un an de prison ferme. L'organisation s'insurge également contre la détention arbitraire, depuis 9 mois, de trois journalistes.

Alors qu'il était en déplacement à l'étranger pour recevoir des soins médicaux urgents, Mohsen Sazgara a appris par son avocat, le 8 mars, que son procès en appel avait eu lieu. " Cette procédure est une fois de plus totalement illégale. Les autorités iraniennes m'ont autorisé à sortir du territoire et ont attendu que je ne sois plus en Iran pour annoncer cette soi-disant condamnation, sans avocat ni condamné au procès. Je compte rentrer en Iran dès que possible pour répondre à cette mascarade " , a déclaré Mohsen Sazgara à Reporters sans frontières.


Mohsen Sazgara a été emprisonné le 15 juin et libéré sous caution (6 milliards de rials soit environ 580 000 euros), le 6 octobre 2003. Une semaine avant sa libération, il avait été inculpé pour " atteinte à la sécurité nationale ", " insulte au Guide de la République " et " propagande contre l'Etat ", et condamné à une peine d'un an de prison ferme. Au cours de 110 jours d'emprisonnement, il a observé deux grèves de la faim de 56 et 23 jours, pour protester contre le caractère répressif du pouvoir.

Il est l'un des fondateurs de la presse réformatrice. Il a été le directeur de publication des quotidiens Jameh, Neshat et Tous, aujourd'hui suspendus, et le créateur du site www.alliran.net (fermé après son arrestation). Analyste politique courageux, il n'a pas hésité à écrire que " l'expérience de ces cinq dernières années montre que le pouvoir religieux ne peut être réformé, et ne peut être efficace ". Il a également osé qualifier de "dictatorial" le pouvoir du Guide de la République, l'ayatollah Khamenei, ce qui lui a valu plusieurs séjours dans les geôles iraniennes.

La veille de l'arrestation de Sazgara, le 14 juin 2003, trois autres journalistes - Taghi Rahmani, de l'hebdomadaire Omid-e-Zangan, Reza Alijani, rédacteur en chef du mensuel Iran-e-Farda et lauréat du prix Reporters sans frontières - Fondation de France 2001, et Hoda Saber, un des dirigeants de Iran-e-Farda - ont été incarcérés " pour avoir tenu des réunions secrètes avec des étudiants ". Détenus pendant des mois en isolement, privés de visite de leurs avocats et de leurs familles, ils ont dépassé depuis le 6 décembre 2003 le délai légal de détention provisoire.

Narges Mohammadi, l'épouse de Taghi Rahmani, a témoigné de son désarroi face à cette situation qui viole les principes les plus élémentaires du droit. " Ils sont illégalement en prison, sans chef d'accusation, sans condamnation et sans procès. Quand nous essayons d'obtenir des informations sur leur dossier, personne n'accepte de nous répondre et leurs avocats n'ont même pas accès aux dossiers", a-t-elle déclaré à Reporters sans frontières.

L'organisation condamne, par ailleurs, la poursuite des pressions exercées sur la presse, avec la suspension de l'hebdomadaire Kalam-e Moalem  accusé d'avoir publié des informations relatives à un important mouvement de grève du corps enseignant, et de l'hebdomadaire Vaght pour " atteinte au bonnes m¦urs ". Le directeur de ce dernier, Shahram Mohammad Nia, a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Avec 11 journalistes sous les verrous, l'Iran est la plus grande prison de journalistes du Moyen-Orient

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